Covid 19: La violence conjugale est une pandémie sociale

Par MARIE-CLAUDE PARADIS-VIGNEAULT

(C) ULTRA NAN

Sam et moi, on s’aime ben gros, mais des fois on se tombe sur les nerfs. Il arrive qu’on s’obstine pour des niaiseries (genre le ménage), et des fois je suis absente de nous deux parce que je suis bien que trop emballée par un projet. Ça fait qu’à l’idée d’être juste lui et moi en huis clos dans l’appartement pour quelques semaines…bah, on en fait des p’tites blagues. Par chance qu’il y a le grenier.

Mais pour vrai, je n’ai aucune véritable inquiétude à être « confinée » avec lui dans un espace restreint pendant un p’tit bout de temps suspendu.

Je n’ai pas peur qu’il se défonce la face dans la drogue et/ou l’alcool, qu’il pète les plombs, qu’il se mette à me lancer des objets et/ou des injures.
Je n’ai pas peur qu’il me fasse une crise de jalousie parce que je parle avec telle ou telle personne sur Facebook.
Je n’ai pas peur qu’il défoule son stress contre moi, qu’il se mette à me dénigrer, m’insulter, me crier ou me taper dessus.
Je n’ai pas peur qu’il m’agresse sexuellement, qu’il me touche contre mon gré.
Je n’ai pas peur de mourir sous l’emprise de sa violence.

Mais trop de femmes (et leurs enfants) sont en ce moment dans l’une ou l’autre de ces situations. Alors que faire? D’abord, restons en contact avec les victimes.

Pour les victimes où qu’elles soient au Québec, il y a ce numéro:

SOS violence conjugale 1 800-363-9010 (7/7 -24/24).

La pandémie n’est pas une excuse aux comportements violents. Pour paraphraser Marlène Schiappa: « «Tout le monde confiné, ne veut pas dire tout le monde en sécurité».

Et les maisons d’hébergement pour femmes sont certainement un service essentiel. Elles l’étaient avant la crise sanitaire, elles le sont pendant, et le resteront après.
La violence conjugale tue.
Chaque semaine jusqu’à trois Canadiennes sont tuées parce qu’elles sont des femmes. La moitié des 118 meurtres de femmes ou de filles répertoriés de janvier à novembre 2019 ont été commis par un partenaire ou un ex-partenaire.

J’appelle donc au « care » collectif

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