Plaidoyer en faveur des nouvelles locales et régionales #countrynews

Ce matin, je participais à l’un de mes événements chouchou: les CreativeMornings Sherbrooke. Sous le thème End, avec Marie-Ève Martel, journaliste et auteure du livre Extinction de voix, nous avons discuté de la survie du journalisme et des médias traditionnels « aux prises avec une crise financière sans précédent, menaçant du même coup leur propre existence. »  Je sais que les médias et les journalistes ont mauvaise réputation. L’ère Trump et des #Fakenews exacerbe la crise des médias dans laquelle nous nous retrouvons. Beaucoup de gens préfèrent désormais se replier dans leur algorithme plutôt que de parcourir le site web des journaux, de quotidiennes ou  celui de revues spécialisées. On ne veut plus payer pour lire des nouvelles. Cependant, il y a un coût social à cette nouvelle façon de consommer de l’information, surtout lorsque l’on se restreint à son fil Facebook. Il y a quelques chose qui se perd dans l’univers des médias sociaux: c’est l’ancrage territorial. 


Tout le monde le sait, je le dis assez souvent, je viens des îles-de-la-Madeleine. Par chez-nous (même si je n’y vis plus ça reste chez-nous pareil ), il y a le journal local le Radar. Celui-ci nous tient principalement informé de ce qui se passe sur notre archipel. C’est clair que les grands journaux ne viendront pas sur le quai de Sacabane couvrir la mise à l’eau des cages. Le Radar oui, parce que c’est un évènement d’envergure pour les îles, dont les levées vont déterminer l’économie madelinienne pour toute l’année! Pour quelqu’un de Sherbrooke, ce n’est peut-être pas si intéressant, il va seulement voir la différence sur le prix du homard chez Costco, et même encore. Or, pour un madelinot, c’est plus de 30% de l’économie locale qui dépend de la pêche. Cet évènement mérite donc une première page dans notre hebdomadaire!  On est en mai à ce moment-là, Le Journal de Montréal couvrira sûrement l’enfer des nids de poule pendant ce temps. 


Quand je pense aux médias régionaux, je pense aussi aux journaux de quartier. Lorsque j’habitais Rosemont (Montréal), je suivais avec beaucoup d’intérêt Rue Masson. Les p’tites infos sur la quincaillerie familiale 3 générations à deux coins de chez-nous, les histoires de ruelles ou l’agenda des événements au parc du Pélican, m’ont permis de me lier davantage à ce micro-territoire de Montréal. Je me sentais rattachée à ma ville par la connaissance que je développais sur les gens et les espaces que je fréquentais quotidiennement. 


Ce sentiment d’appartenance territorial devient alors identitaire et il est essentiel à la participation citoyenne. Ça peut même aller jusqu’à donner le goût aux citoyens d’aller faire un premier tour au conseil de leur arrondissement, puis au Conseil municipal pour s’exprimer sur leur situation ou proposer des solutions pour améliorer leur qualité de vie et celle de leurs voisins. Mais il faut d’abord être minimalement informé sur notre environnement immédiat pour être en mesure de poser des actions ou des questions aux élu.e.s, et surtout pour se sentir légitime de le faire en toute connaissance de cause. C’est là que les médias locaux jouent un rôle démocratique fondamental.


Je fais donc un long plaidoyer, passant des îles, à Montréal, puis à Sherbrooke, pour qu’on soutienne les médias régionaux, les journaux locaux, et plus globalement, le travail journalistique. 

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Entrevue avec Radio-Canada Estrie pour parler des Réalisatrices Équitables et de mes projets documentaires sur la well (Sherbrooke).

 

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