L’ethno vibe

Quand je me suis inscrite au bacc en anthropologie sociale et culturelle, j’espérais un jour, grâce à mes travaux, donner envie aux gens de s’ouvrir davantage aux autres dans un mouvement mû par la curiosité et le respect. Je suis devenue anthropologue pour sortir de ma zone de confort, voir le monde à travers diverses perspectives humaines, pour rencontrer des gens, tous horizons confondus,  porter leurs paroles et peut-être, idéalement, contribuer à créer des ponts interculturels. Aujourd’hui, j’adore mon métier. J’aime faire de la recherche, discuter et débattre avec mes collègues, mener des entrevues, faire de l’analyse de données, mais la partie que j’aime par-dessus tout, celle qui me fait vibrer, c’est sans aucun doute présenter publiquement le fruit de mes recherches.

J’ai toujours été animée par le besoin de communiquer, que ce soit par écrit ou à l’oral, et maintenant de plus en plus à travers la photo et la video. Dans le cadre de mes recherches, cette envie est d’autant plus forte car je me sens redevable aux gens qui ont participé à mes projets. Lorsque j’étais étudiante à la maitrise, j’ai été très inspirée par des chercheures engagées, telles que Nancy Shepperd-Hugues et Judith Butler. Plus près de moi, les travaux de Karoline Truchon (aujourd’hui devenue ma directrice scientifique au sein d’Amplifier Montréal), m’ont interpelée. Alors que plusieurs de mes pairs semblaient minimiser le rôle et les responsabilités de l’anthropologue auprès de la communauté étudiée, Karoline, soucieuse des enjeux de représentation et de réappropriation culturelles, a élaboré  dans son mémoire  L’anthropologie qui laisse des traces. La photographie comme agent d’empowerment : une ethnographie avec des Innus de Uashat mak Mani-Utenam, une approche qui rejoignait mes valeurs tout en m’insufflant d’aller au-delà de la simple collecte de données.

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Marie-Claude (ethnographe), Helgi (documentariste) et Yann (artiste-collaborateur)

Le 28 septembre 2016, dans le cadre d’un 5 à 7 convivial, après 2 mois de terrain ethnographique sur la Place Émilie-Gamelin, notre équipe d’ethnographes #AmplifierGamelin en compagnie de nos collaborateurs et de nos collaboratrices, avons présenté l’avancée de nos projets aux Jardins Gamelin. Aux côtés de mon collègue documentariste, Helgi Piccinin, j’ai pu présenter les premiers balbutiements de Dessine-Moi Gamelin, soit: quatre vidéos filmés sur cette place publique, dont deux entrevues de type portrait documentaire, l’une avec Agathe, chargée de projet à Sentier Urbain et l’autre avec Gysèle, directrice de la chorale l’Amicale des scouts, un petit film d’ambiance matinale à l’heure du ménage, et le clip d’introduction à notre cartographie interactive.

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Méralie, ethnographe #AmplifierGamelin

Ce fut un moment d’échange magique! Voir le sourire des gens qui se découvrent à travers nos portraits documentaires, autant les protagonistes que les caméos surpris de s’y retrouver, surprendre l’émotion de l’un, voir l’autre partager les écouteurs avec sa compagne et assister à toutes les réactions spontanées face à la découverte visuelle de notre projet: Wow! C’était fantastique! Je flottais de bonheur.

Je fais de l’ethnographie dans le but de stimuler des discussions, favoriser des rencontres, toucher ou sensibiliser les gens à la pluralité humaine qui nous entoure. Et c’est dans ce type de moments, que mon travail fait du sens, lorsque je ressens l’ethno vibe.

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Crédits photos: ZRAM, Mario Alberto Reyes Zamora (sauf celle ci-dessus)

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